International: Décès de la doyenne de l'humanité, Eugénie Blanchard, à l'âge de 114 ans PDF Imprimer
Écrit par www.france24.com   
Mardi, 01 Février 2011 13:11

Eugénie Blanchard, doyenne de l'humanité, morte dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 114 ans, était une religieuse retraitée qui vivait depuis trente ans à l'hôpital dans l'île antillaise de Saint-Barthélémy.

Devenue la Française la plus âgée en mai 2008 après le décès en Haute-Loire à 113 ans de Clémentine Solignac, elle avait pris le titre de doyenne de l'humanité le 4 mai 2010 à la suite de la mort, quelques jours avant son 115e anniversaire, de la Japonaise Kama Chinen.

Selon le Groupe de recherche en gérontologie (GRG), faisant autorité sur la longévité des centenaires, le titre revient désormais à une Américaine également âgée de 114 ans, Eunice Sanborn, résidant au Texas.

 

La nouvelle doyenne des Français s'appelle Mathilde Aussant, née le 27 février 1898 (112 ans), selon le même classement de GRG actualisé le 1er novembre. Son lieu de résidence n'est pas précisé. L'organisme recense 79 personnes dans le monde âgées d'au moins 110 ans, dont 75 femmes.

Née le 16 février 1896, Eugénie Blanchard avait quitté à 26 ans son île natale alors déshéritée de Saint-Barthélémy --une collectivité d'outre-mer (COM) située à 250 km au nord de la Guadeloupe--, afin d'accomplir sa vocation catholique à Curaçao, à l'époque une riche colonie néerlandaise située au large des côtes du Venezuela.

A son retour dans son île, elle y avait acquis le surnom de "La Douchy" (douceurs, en papiamento, le créole des Antilles néerlandaises), du nom des gâteaux et sucreries qu'elle proposait aux jeunes de Saint-Barth pour les inviter à partager un récit évangélique ou une parabole biblique.

"Quand elle est rentrée à Saint-Barth la retraite venue, elle proposait des bonbons aux enfants en leur disant +douchy, douchy+ et le nom lui est resté" avait raconté à l'AFP en mai 2008 un de ses petits-neveux, Daniel Blanchard, ancien maire de Saint-Barthélémy.

Il expliquait la longévité extraordinaire de sa grande-tante par le fait qu'elle "avait accepté de donner sa virginité au bon dieu".

Après avoir longtemps vécu dans une de ces petites maisons typiques de l'île, Mme Blanchard résidait depuis trente ans à l'hôpital de Bruyn, situé sur les hauteurs de Gustavia, petit port et unique commune de Saint-Barth.

"Elle est entrée en 1980 dans notre établissement, elle était valide, elle s'est dégradée tout doucement", disait en mai Pascale Brochet-Legrix, l'adjointe au directeur de l'hôpital.

Désormais totalement grabataire, elle acceptait encore, il y a quelques années, de boire "au moins une coupe de champagne à chacun de ses anniversaires", selon sa famille. Elle était la seule survivante d'une fratrie de 13 enfants, dont elle était la sixième.

"C'est une femme qui aura consacré sa longue existence à faire le bien autour d'elle qui nous quitte", a réagi dans un communiqué le président du conseil régional de Guadeloupe, Victorin Lurel (PS).

Il a rappelé la mort le 24 octobre de Philibert Parnasse, un Guadeloupéen de 109 ans qui était le doyen des Français. Lui et Mme Blanchard sont "deux exemples de longévité exceptionnelle dans la France d'outre-mer, deux témoins d'une histoire qu'il nous revient de ne pas oublier", a ajouté l'élu.

Le corps d'Eugénie Blanchard, qui s'est éteinte jeudi peu après 3H00 locales (8H00 à Paris), a été transféré à la morgue de l'hôpital Bruyn. La date de ses obsèques n'était pas encore connue jeudi après-midi.